Monday, 20 March 2017

Le stylo, notre signature réalisé par Hélène Macourant



À plume, à bille ou feutre… le stylo fait partie de notre vie. D'autant plus qu'écrire, c'est inscrire notre trace. Une marque de territoire, d'identité. Notre rapport à cet objet n'est pas neutre : Amélie Nothomb n'écrit qu'au Bic Cristal, symbole d'humilité. Daniel Pennac qu'au plume, objet de passion, partagée avec Jean-Christophe Rufin, si fétichiste qu'il n'a pu finir Rouge Brésil qu'avec un plume particulier, rafistolé.

Certains valent des dizaines de milliers d'euros, neufs ou de collection. Ce sont des symboles de pouvoir. Au point que les stylos présidentiels, plutôt des billes aujourd'hui, sont parfois discrètement volés par les chefs d'État. Ou distribués, comme ceux des présidents américains qui par tradition les donnent à tous les participants à l'élaboration d'une loi le jour de sa signature, dont l'écriture est morcelée en autant de petits traits que de stylos offerts. Un rituel. Le stylo raconte aussi notre société. Qui se souvient que le Bic a été interdit à l'école pendant presque 10 ans, au point de faire exclure en 1959 une élève qui voulait absolument s'en servir ? Les modernes contre les anciens... Mais personne n'a oublié qu'il est le symbole de la liberté, comme après l'attentat contre Charlie Hebdo. C'est aussi cela, le stylo : le savoir, en mouvement.

À l’heure du numérique, certains prédisent sa disparition proche. Mais non. En ce début de 21ème siècle il se modernise, se connecte à l'ordinateur. Le stylo n’a pas dit son dernier mot !

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